28 Personnage « J’ai violé mon mari! »

Elle me dit : « Je le fais discrètement craignant que mon mari ne soit au courant. En partant, j’ai violé mon mari!»
La vie des Haïtiennes est critique. Elle vie contre elle-même.
Elle a beaucoup de problèmes, elle a brisé son foyer pour venir à Cayenne. Parfois c’est une femme mariée qui a laissé son mari et ce n’était pas son intention de vivre avec un homme nan Kay, c’était plutôt pour travailler. Dès son arrivée en Guyane, elle est obligée de prendre quelqu’un.
En Haïti, pour arriver à se marier ou à vivre en concubinage, c’était une perdre-temps, parler, se vêtir à quatre épingles, la courtiser jusqu’à ce qu’elle réponde. Si elle accepte, elle accepte. Elle réfléchit pour voir si tu peux être quelqu’un qui peut servir de mari.
Ici en Guyane, il n’y a pas cela, ce qui fait dans une première rencontre on arrive à …
Elle peut raconter à une de ses amies qu’elle est avec un copain, ce n’est pas que je l’aime, mais que veux-tu que je fasse. J’ai tant de problèmes.
Elle enregistre une cassette pour son mari en l’absence du copain de manière qu’il ne laisse pas entendre sa voix dans la cassette. Tout ça, ce sont les circonstances qui la poussent à faire cela. Elle a été fidèle à son mari, mais les circonstances ont fait qu’elle viole son mari. Elle ne venait en Guyane que pour travailler…
Parfois, elle prend un homme pour qu’il la déclare à la sécurité sociale…pour avoir tous ses papiers.
Sans papier on risque de ne pas trouver de travail ou bien de travailler sans être pour autant rémunéré. On est sans respect, même avec des papiers, pourvu qu’on soit étranger on peut nous faire n’importe quoi.
Parfois la jalousie se met de la partie.
Peut-être que seulement 10% sont bien logées, 90 % sont dans une situation critique.
Parfois, dans des rencontres aventureuses, elle devient enceinte…et… vu qu’elle n’a pas de papiers l’État ne peut lui être d’aucun secours, elle ne peut rien toucher même pour l’accouchement. Avant la femme qui est venue, même si elle passe par le Surinam, on lui donne au moins 700 F quand elle accouche. Maintenant rien.
On lui demande une attestation de résidence provisoire de trois mois et cela n’est pas facile, elle craint de se faire connaitre par le service ne voulant pas courir le risque d’être expulsé. Elle a tout hypothéqué pour venir en Guyane.
Le problème est devenu double, elle ne peut pas retourner chez elle et elle ne peut pas travailler ici et en plus, elle a un enfant sur les bras. En cherchant de quoi nourrir l’enfant, elle en attrape un deuxième…
Le planning, il y en a qui trouve de bons résultats, il y en a que cela les rend malades. Quel que soit le type de planning ça perturbe la santé. C’est un problème puisqu’ elle doit avoir un mari pour la prendre en charge.
Parfois elles se rendent au Surinam acheter des marchandises pour revendre. Quand on n’a pas de papiers, la loi française ne permet pas ce genre de chose.
Elles sont déjà résignées.
Depuis Haïti (ma femme et moi) nous vivons ensemble, maintenant nous sommes mariés. Elle est ici depuis 1980, je ne suis arrivé qu’en 1981.
Nous étions obligés de vivre chacun dans son coin parce que je ne pouvais pas la prendre en charge, j’étais chez un camarade et elle se débrouillait chez une copine…jusqu’à ce que nous trouvions du travail, nous payons un logement. Pour Cayenne, nous visons la vie comme elle vient…
Bien que nous visions à part, nous faisions l’amour souvent (depuis) le premier jour où nous nous sommes rencontrés l’amour te ka tombe. On fait quelque chose de classique, pour faire l’amour nous payons l’hôtel parfois nous passons deux jours, un Week-end ou quand il n’y a pas de travail.
(Pour entrer), eh bien elle m’a aidé, elle m’a donné de l’argent
Moralement, face à elle, lors de mon arrivée cela m’a donné beaucoup de problèmes, parfois c’est elle qui me donne un peu d’argent c’est elle qui m’encourage, me disant de ne pas me décourager j’ai trouvé que c’était drôle (la situation), mais elle était là à m’encourager. Quand j’ai réfléchi (au fait) que je n’ai pas de papiers, cela m’a tellement bouleversé que j’ai eu envie de retourner en Haïti. Elle me dit non tu ne peux pas retourner, la vie en Haïti est plus critique si c’est possible demain nous pouvons avoir un bout de papier, mais en Haïti… (il n’y a pas d’espoir).
Ce ne sont pas des histoires qui nous avaient séparés, mais la vie difficile ; les enfants qu’il faut envoyer à l’école pour leur inculquer une meilleure formation, il fallait partir. Nous pensions que si nous partions, la vie serait meilleure.
Tout de suite, elle s’est mise à réfléchir et dit que je n’avais pas besoin de me tracasser la tête, je pars. Après je pourrai partir. Comme cela la vie pourra être changée.
Sans histoires, sans comptes, nous nous mettons d’accord
Le jour de son départ, je l’ai reconduit à l’aéroport. Comme vous savez, l’humain est faible, j’étais triste.
Nous nous donnons une accolade, la séparation était dure, nous étions inconsolables. Je me suis échappé avant que je voie le décollage de l’avion.
Si ce n’était pas des circonstances de la vie, on ne serait pas parti, tout le monde resterait chez soi ou bien partir comme les Américains ou les Français, en touriste, ils partent avec leur femme assister au carnaval.
Il est vrai que nous tous, nous avions un passeport touristique ce qui n’a jamais été vrai! Le Haïtien est toujours en voyage touristique, mais un voyage qui dure toujours. Quand un touriste part, c’est pour visiter, mais le Haïtien n’a jamais fini de visiter, un an, deux ans, cinq ans, il est toujours en visite.
Quand ma femme était à peine arrivée ici, elle s’est elle débrouillée pour vivre. Ici en Guyane il y a des choses qu’une femme fait et qu’elle ne va pas vous dire. En Haïti, la conception qu’on a n’est pas une vraie conception, c’est une conception qui n’est pas réelle.
Haïti est un bon petit pays, c’est un pays de respect. La seule chose que je peux dire est que si une personne commet un acte, il ne faut pas la juger trop vite. C’est pourquoi je dis quand on part, on devient réaliste. (pragmatique).Si on vient vous dire, voilà votre femme couche avec un homme, on a tendance à dire quand on est réaliste :eh bien, si elle avait besoin de 1000 F, 2000 F et que je ne pouvais pas lui donner, je dis bon ce n’est rien.
Ce n’est pas seulement ici, au Canada ou à N.Y. . Tout Haïtien qui part devient réaliste.
Les messieurs-là ne prennent pas une femme à cause …mais une femme sait se débrouiller
En Haïti on appelle cela «tchoul supportance ». ( cri de soutien ) Moi de mon côté, je garde toujours le système d’Haïti en moi. Je me dis toujours qu’il y a quelque chose que je ne peux tolérer.
Vous n’avez pas de cœur de «pantalette» ( de l’espagnol pantaletas, slip ou culotte). Si vous n’avez pas de Madame, vous pouvez chercher une femme et vous débrouiller avec elle faire «tchoule supportance», mais vous savez que ce n’est pas votre femme. Mais moi je ne peux tolérer cela je suis marié avec ma femme Je lui ai dit, si je suis arrivé au point où je ne peux lui être utile, au lieu qu’elle aille commettre un tel acte, mieux vaut me demander de se séparer.
Il faut que tout le monde sache que nous ne sommes plus ensemble que madame Unetel est séparée de M. Untel. Donc vous pouvez faire ce que vous voulez. Tout simplement, je ne vous dis rien parce que vous m’avez respecté. Je suis sensible pour mon respect. Même si pars n’importe où, je maintiens toujours le système d’Haïti.
J’aime vivre. J’aime savoir que je vis dans une société. Même si, il est vrai que les circonstances de la vie permettent que je quitte mon pays. Je suis un citoyen haïtien et ce n’est pas la misère qui peur me pousser à commettre un tas de bêtise.
Entre ma femme et moi, nous vivons très bien. Il y a toujours des conflits entre mari et femme. Mais moi, je n’ai jamais laissé occasion à quiconque du voisinage de venir fourrer son nez dans notre affaire. Car j’aime beaucoup ma femme et elle m’aime beaucoup.
Nos petits comptes ne sont que pour la vie un petit moment enfin l’un passe la main sur l’autre et puis ça y est, parce que cela ne dure pas longtemps. Ce N’est jamais devenu grave pour que nous fassions combat. Notre « bouder-bouche » ne dure pas plus qu’une journée.
J’ai 36 ans, j’étais cultivateur en Haïti. Ma profession est le jardinage.

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