Attitudes face au retour

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«C’est ainsi que la vie tourne au-dessus de vous et qu’elle prend votre corps»

 

Le projet d’un retour possible en Haïti est diversement apprécié. Certains considèrent d’abord les enjeux politiques, d’autres sont prudents et veulent attendre de voir ce qui va se passer et certains autres , évaluent le projet en fonction de ce qui fut acquis comme expatriés en Guyane.

En effet, dans un premier temps, vont rentrer au pays ceux qui étaient en première ligne de la bataille politique, les militants. Cela se comprend et c’est ce qui se passe en Guyane.

Il y a, dans un deuxième temps des gens qui vont observer la situation et qui vont attendre peut-être 4-5 ans pour voir l’orientation du pays avant de prendre leur décision.

Dans un troisième temps, il y en a qui vont rester à l’étranger, surtout s’ils ont une situation stable ici.

Pourquoi courir à l’aventure ?

Il y en a aussi qui veulent participer à la reconstruction du pays, qui iront voir plus souvent, mais entendent résider ici.  Ils veulent participer au changement, mais leur pied-à-terre sera ici. Ils vont voir, mais sans idée de rentrer vraiment”

Les Attitudes Politiques

Plusieurs visions politiques du retour sont exprimées. Certains sont déjà sur place en Guyane et militent dans divers mouvements, mais d’autres soulèvent la question  de la difficulté des intellectuels à se réinsérer.

Il y a aussi un autre problème, car au niveau politique, on prône le retour, mais au même niveau, il y a une sorte d’orgueil des gens qui ont réussi ailleurs en politique. C’est la querelle actuelle entre ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur. En Haïti, on refuse les intellectuels de l’extérieur. Il y a des tracts qui circulent en ce sens d’ailleurs le dernier numéro du «Petit Samedi Soir» traitant de le ballade des candidats’ des intellectuels de l’extérieur. Des candidats sans tâches !

Le problème dure depuis longtemps, car certains hommes politiques de l’extérieur se posent comme étant les sauveurs du peuple haïtien. Mais avec le changement récent qui s’est fait de l’intérieur, les gens de l’extérieur qui pensaient venir sauver Haïti ont été surpris.”

Depuis le 7 février, je pense retourner en Haïti. Auparavant, je n’y pensais même pas. Ce qui m’empêche de retourner dès maintenant, c’est que j’avais et j’ai encore des engagements ici qui ne sont pas strictement personnels (travail. etc..), car je suis responsable d’une association et aussi responsable en tant que militant politique pour le R.D.N.P. Je ne peux pas partir sans assurer ma relève.

Pour les Haïtiens en général, je pense que le problème de visa est un handicap, car ça empêche les gens de retourner immédiatement. S’il y avait un consulat ici les gens auraient entrepris les démarches pour retourner plus rapidement. L’Haïtien ici n’a pas d’avenir et comme ce sont des gens orgueilleux face aux humiliations qu’ils subissent ici. Je suis certain qu’ils sont intéressés à repartir pour Haïti. Quand on déguise un chien au Carnaval et que l’on dit que c’est un ‘hayichien’, ajoutez à cela les humiliations au travail, etc… Tout ça me fait dire qu’ils sont sûrement intéressés à retourner.”

Les Attitudes prudentes

Ceux qui n’ont pas encore les moyens, mais qui veulent partir et espèrent le faire après 6 à 12 mois, car ils veulent amasser l’argent pour le faire ou pour préparer un projet économique parce qu’ ils ont espoir que tout va changer et qui sont déçus par la situation en Guyane (chômage et xénophobie).

Les problèmes économiques sont la principale barrière au retour en Haïti et une majorité de personnes attendent d’avoir les moyens matériels nécessaires pour satisfaire divers besoins.Financer le voyage

“Ce qui fait que les gens ne partent pas, c’est  qu’ils n’ont pas l’argent pour payer leur billet de retour.”

“Chaque Haïtien a un but et c’est de retourner dans son pays,  Duvalier étant maintenant parti. Mais du point de vue financier, nous sommes obligés de demeurer ici il faut faire des petits boulots pour essayer de se payer le billet de retour. Je pense que tous les Haïtiens veulent rentrer chez eux. Nous voulons retourner, car nous ne sommes pas bien ici.”

Je veux revenir en Haïti, car chez toi, tu peux mieux te débrouiller, Ça fait un an et demi que je suis parti et j’ai fait un déficit total en capital. En 85′ seulement, mes enfants mangent mal et sont mal habillés ! Tout ça me coûté 1636 $ pour subvenir à leurs besoins, et ils ont toujours des problèmes. Ma femme m’a envoyé un billet pour que je rentre, un billet de 300 $ mais je ne veux pas passer par le Surinam encore, et de toute façon, ce n’était pas assez d’argent pour prendre l’avion de retour à partir de Guyane. J’ai retourné le billet, car c’était de l’argent qui venait du fait d’avoir loué la moitié de la maison pour six mois. Ma femme se débrouille pour faire du commerce, mais elle a beaucoup de difficulté.”

“On aimerait bien retourner en Haïti, mais nous n’avons pas l’argent pour acheter les billets de retour. Ça fait 5 ans que je n’ai pas vu ma famille et j’aimerais bien les revoir. Je pourrais ·passer par le Surinam, car c’est un peu moins cher que de partir par Rochambeau. Surinam-Curaçao, c’est 700 florins et Curaçao-Haïti c’est 180 $ US. S.. Tout ça, c’est cher !”

“Je pense que je vais demeurer ici encore 2-3 ans afin de pouvoir acheter des billets de retour pour ma femme et moi.”

“Je peux dire que financièrement, nous avons de la difficulté pour retourner, surtout si on quitte tout de suite. Vous voyez, un Haïtien qui est resté là-bas peut avoir une corde de ‘mai-croqué’ en réserve, mais si nous même si on avait 1.000 F on peut dire que c’est moins qu’une corde de ‘mai-croqué’ resté en l’air car ça fait longtemps que nous serions partis. Il faut trouver à manger et à se loger tandis que ceux qui sont restés ont déjà tout ça. Si l’on plante du maïs pour manger, il faut que notre argent suffise pour se nourrir pendant au moins trois mois. Le temps que la récolte arrive, il faut prévoir avant de partir. Nous sommes peut-être pressés de retourner mais il faut connaître là où l’on va. C’est la plus grande difficulté que nous avons.”

Des Projets Personnels

“Pour penser projet, il faut tout d’abord avoir l’argent. Pour penser faire l’argent pour y penser. Moi tout ce que je veux c’est un peu d’argent pour acheter un bœuf, un cochon, une paire de cabris et ainsi faire un peu d’élevage.

Nous sommes coincés ici.

Si c’était un endroit où l’on pouvait retourner à pied, ou même l’auto nous ne serions plus ici. Mais c’est l’avion qu’il faut prendre et il faut emprunter à un camarade pour payer le loyer ou pour manger. C’est ainsi que la vie tourne au-dessus de vous et qu’elle prend ton corps. Pendant ce temps en Haïti, ils s’imaginent que si tu n’envoies presque rien depuis cinq ans ,c’est parce que tu dépenses pour les femmes et la boisson.”

“Il faut que je retourne en Haïti même si je dois repartir à zéro. J’ai encore deux machines à coudre là-bas. Je peux aussi avoir des cabris des poules, des citrons, etc… Je ne ferai pas seulement le métier de tailleur, mais je pourrai avoir un peu d’argent pour m’occuper de mes enfants. En plus, le gars a décidé de ne pas m’acheter ma maison, mais je pense que c’est mieux ainsi, car la maison est bien située. Il est à la retraite et il pensait revenir vivre en Haïti mais quand il a vu toutes les misères en Haïti, il a décidé de retourner vivre aux États-Unis. Il m’a envoyé une lettre pour me dire que je pouvais garder 1 000 $ sur l’argent qu’il m’avait avancé pour la maison.

Il faut aussi que je paye la rentrée scolaire. J’espère qu’en janvier. je pourrai régler tous ces problèmes. La maison, la rentrée. etc. il me faut 1 500 $ à 2 $, 000 pour janvier. Si ça marche, je pourrai rentrer, sinon je resterai jusqu’en juillet.”

“À mon retour, j’irai habiter chez ma mère, mais le seul problème que je voudrais régler c’est que j’aimerais apprendre à lire et à écrire avant de repartir chez nous. Il ne me reste que deux petites choses à régler avant que je ne retourne en Haïti, car ici, je ne peux espérer rien de plus que des petits boulots. Il faut que je m’achète une mallette et une montre.” (Un mois plus tard, il avait la mallette, la montre lui manquait, car il fallait qu’il trouve 500F) »

« Ce qui fait que les gens veulent retourner, mais qu’ils ont aussi peur de le faire c’est que quand ça fait longtemps que tu as quitté ton pays, il faut que tu reviennes avec un petit quelque chose dans tes mains pour pouvoir vivre.

Les gens restent, car ils attendent cela et les années coulent sur leur dos jusqu’à ce qu’ils restent finalement plus de temps que prévu. Si en arrivant tu es capable d’avoir un petit travail et mettre chaque mois un petit peu d’argent de côté, ça monte lentement, mais tu peux à la longue avoir un 5 000 ou 10, 000 F dans tes mains. Si tu décides ensuite de retourner en Haïti avec ce 10 000 F et que tu le changes avec ça tu peux vivre 2-3 jours. Mais si tu n’as rien, tu ne peux pas retourner après avoir fait tout ce temps dehors et dire aux gens : “Monsieur, s.v.p., fait moi un cadeau de 5 gourdes… ou un paquet de cigarettes…” C’est affreux, c’est honteux ! »

« Il faut avoir de l’argent pour retourner (on entend. Mille dollars) mais si quelqu’un sait qu’il pourra faire un travail en rentrant, il retournera même sans argent. Je connais des gens qui pour l’instant empruntent même de l’argent pour acheter un billet même si ce n’est pas pour retourner définitivement en Haïti. Il y en a qui pense aller vivre ailleurs aussi. »

Le Retour au Calme

Le retour est aussi plein d’incertitudes politiques. Que se passe-t-il vraiment en Haïti ? Les craintes concernent surtout le « déchoukag et ses effets sur l’ordre social.

« Je me demande pourquoi retourner. Duvalier est parti, mais Haïti n’est pas encore libérée. Haïti est débarrassée d’un dictateur, mais ce n’est pas pour autant qu’Haïti soit devenue en bonne forme. Haïti est encore plus mal que sous Duvalier au commencement surtout.

À cause du déchoukage, du nettoyage, il y a beaucoup de désordre, tout ça se fait en désordre. Ce n’est pas parce que Duvalier est parti, non c’est surtout si je ne trouve vraiment rien ici. Mais s’il y a des possibilités pour que je puisse aller de l’avant, c’est-à-dire pouvoir participer à une organisation pour faire des actions pour reconstruire le pays.« C’est une situation générale qui nous a obligés à partir. Maintenant c’est encore pire qu’avant, on ne voit pas encore de bons résultats.

Le déchoukage c’était bon pour occasionner le départ de Jean-Claude, mais ça continue et ce n’est pas très rassurant. Quelqu’un peut décider de rentrer et si eux pensent qu’il a un peu d’argent, ils peuvent décider de le tuer même s’il ne va que faire un tour ! Il n’a peut-être que 1 000 F, mais ils peuvent décider de le tuer sous prétexte qu’il a de l’argent.

« Quand je suis allé en février, j’ai vu des gens sales et mal habillés. Des gens qui coupent des têtes devant tes yeux. Tout ça ne te donne pas le goût de rester là. J’ai eu peur car il y avait des groupes de déchoukage partout. De plus, quand j’ai voulu des visas de sortie pour revenir, aussi des assurances voyages il aurait fallu que je donne 100 $ pour arranger mes papiers. Il y avait du déchoukage partout, même dans les grandes rues, même dans les maisons des gens. Si tu reviens de l’étranger et qu’ils te demandent de l’argent, il faut leur donner sinon:

ils peuvent te déchouker, te transformer en couleuvre, te battre tellement que tu dois ramper. Tu ne peux pas vivre dans un tel pays ! »

« Personnellement, j’ai envie tous les jours de retourner. J’ai vraiment envie de retourner définitivement dans mon pays, mais ce qui m’empêche de le faire c’est que je considère qu’Haïti n’a pas encore de système, une façon de vivre, car même maintenant Haïti est toujours Haïti.  Ça se passe toujours de la même façon. Je suis ici et j’ai une femme, je ne peux pas partir comme ça et demeurer là sans rien. Il faut que j’aie de l’argent dans mes mains pour que je puisse développer quelque chose pour vivre. Il faudrait que j’achète une petite maison et si je n’ai pas de travail, au moins être capable de vendre quelques bouteilles de coca ou encore avoir une petite camionnette pour pouvoir me débrouiller. Mon père et ma mère vivent pour eux-mêmes maintenant. Je ne peux pas monter là-haut avec ma femme pour m’installer, car mon père est encore jeune et ce ne sont pas mes terres personnelles.

Maintenant, il faut compter sur le travail salarié ou encore faire quelque chose à son compte. Sinon, il faudra que j’achète mes propres terres. En Haïti y a-t-il du travail vraiment ? De plus, mon père n’a pas seulement moi comme enfants, nous sommes plusieurs héritiers. Les terres sont pour tout le monde. De génération en génération il faut que chacun se débrouille de plus en plus par lui-même.

“J’attends d’avoir un peu d’argent pour repartir. J’ai mon billet de retour et j’espère pouvoir travailler dans la construction, car plusieurs Haïtiens de partout vont rentrer avec de l’argent. Mais il faut que le pays change pour que les Haïtiens se sentent bien chez eux. Pour qu’ils puissent retourner pour construire le pays, car la bataille est en avant.”

Les Attitudes des Expatriés

Les “expatriés” sont ceux qui envisage de rester en Guyane soit pour une période indéterminée de longue durée ou qui, carrément, souhaitent s’y installer à vie. Leur problème sont complexes car d’une part, leur degré d’intégration dans la société hôte les retient sur place ou d’autre part, quand ils ont vécu longtemps à l’étranger.

Les avantages de la Guyane

“En septembre 85′ je suis allé en Haïti. Je n’étais pas intéressé à demeurer en Haïti, car ici, j’avais un petit côté où je pouvais travailler. Je n’étais pas trop mal à l’aise. C’est quand tu rentres dans un pays et que tu ne trouves rien… mais quand tu finis par t’habituer et que tu peux trouver un petit travail, ce n’est pas difficile. Je ne me suis pas découragé, je fais mon petit truc normalement.”

“Ça ne m’intéresserait pas du tout de retourner en Haïti pour aller travailler dans les factoreries parce que tu es trop exploité et je suis contre l’exploitation.

Tu ne peux pas quitter Haïti pour aller à l’étranger pour fuir l’exploitation et ensuite revenir en Haïti pour te faire à nouveau exploiter !”

“Mon permis de séjour se termine l’an prochain et de plus, j’ai fait une demande de naturalisation depuis déjà un an. Si Je n’ai pas de réponse dans six mois ou un an, je n’ai pas l’intention de renouveler mon permis de séjour. De toutes les manières, je serai en Haïti d’ici trois ans ! La naturalisation, c’est en fait pour le bien de mes enfants, si jamais ils sont intéressés à étudier ailleurs. Tous mes enfants ont déjà le billet pour le retour. Ma femme ne veut pas demeurer en Guyane et moi je ne suis pas intéressé à ce que mes enfants passent par les mêmes problèmes que moi. J’achèterai une maison à Port-au-Prince pour ma femme et mes enfants qui seront à l’école, car Haïti possède de très bonnes écoles, meilleures que celles qui sont en Guyane. Moi, j ‘achèterai une camionnette pour faire du transport dans la région de Aquin. dans le circuit de St-Michel à Aquin.”

Les libertés politiques Guyanaise

“Tout le monde veut retourner, mais il y a quelque chose qui nous empêche de retourner. Je pense que même s’ils fournissaient les avions gratuitement, il y a quelques Haïtiens qui repartiraient, mais certains ne partiraient pas. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas contents de leur pays qu’ils ne repartiront pas, mais il y a une certaine barrière qui nous empêche de franchir la frontière. Nous sommes vraiment intéressés à ce qui se passe chez nous, même ceux qui ne sont pas dans les affaires politiques en parle jusqu’à l’épuisement. Nous sommes dans l’humiliation ici, mais nous pouvons voir comment la loi fonctionne… Nous voyons que ce n’était pas bon lorsque Duvalier était là. Même si nous sommes dans l’humiliation ici. On peut quand même voir que chez nous, nous n’avions pas de droits. On ne pouvait pas faire de réclamations, nous n’avions pas le droit de parler. On attend de voir ce qui va se passer et ceux qui partiront, partiront.

Il y a aussi des gens qui ont des enfants. Quand ça fait 10-20-30 ans que vous avez quitté votre pays, vous finissez par vous familiariser avec ce pays, surtout ceux qui sont mariés avec des gens d’ici.”

Scolarisation des enfants et assimilation

“Il y en a aussi un autre problème, car il y a des gens qui résident ici depuis 10-15 ans et qui ont des enfants qui sont scolarisés ici, qui ont leurs copains ici. Ça va être le drame si les parents veulent revenir en Haïti.

Les enfants vont dire : ‘Nous, nous sommes Guyanais! 

Vu l’attachement que les parents haïtiens ont envers leurs enfants cette attitude va peser lourd dans leur décision.”

Les Dettes

“Je savais maintenant ce qu’était ‘St-Paris’, je voulais retourner en Haïti. Il vaut mieux que j’aille retrouver mon père en Haïti. Mon oncle m’a dit que mon père ayant dépensé tout son argent, vendu des bêtes pour me faire venir ici qu’il n’était pas question que je retourne en Haïti.”

Projets en Guyane.

L’une des solutions aux difficultés d’intégration des immigrants Haïtiens en Guyane est de procéder selon le modèle déjà expérimenté par d’autres immigrants soit de former des petites communautés paysannes qui permettent de développer une autonomie de gestion et de planifier une insertion dans l’économie agraire

A l’Association St-Paul de Fourgassié, on piétine un peu parce qu’on est dans la paperasse…jusque -là ! J’ai eu l’assurance de la moitié du budget par un organisme allemand qui s’est engagé pour 25 %, mais il y a une condition c’est que la totalité du budget soit assuré pour qu’eux, envoient leur fric. Les autres 25 % c’est le Secours Catholique mais tout le monde, les organismes, le préfet, etc. tout le monde demande des papiers et propose d’autres solutions ! Il me manque 300 000 F donc 50 000 dollars. Tout ça me gêne un peu, car la saison sèche à Fourgassié commence fin août et on voulait commencer à cette époque.

L’administration d’ici n’est pas trop chaude, pas parce que ce sont des Haïtiens mais à cause des méthodes d’agriculture des Haïtiens.

Il y a aussi que ça va faire de la concurrence, car les Haïtiens sont peu exigeants, comme toute première génération d’immigrants. 

  Les gens du pays, il leur faut une grande ferme alors que les Haïtiens peuvent se contenter de peu… Ils trouvent que nous demandons trop peu d’argent pour installer 12 familles. À la limite, ils trouvent que ce n’est pas sérieux ! Ils pensent à des tracteurs tandis que nous nous ne demandons qu’une motocultrice.

« Je ne leur demande pas de sous, surtout pas. Je ne leur demande pas d’être d’accord, mais seulement de ne pas être contre. L’argent qu’ils proposent c’est pour une autre solution, pour l’intégration dans des A.M. VA (Association de mise en valeur). Ce sont des fermes pépinières de l’État où ils ont besoin de bras. Ce n’est pas la même optique, car à Fourguassiez, on va donner les terres… ils ont sous-estimé cet aspect, car le Haïtien qui possède sa terre en propre va donner un rendement 5 ou 6 fois supérieur à un ouvrier agricole qui travaille sur la terre d’un autre.

Pour moi l’élément premier est la propriété de la terre pour un Haïtien et après, il fera ce qu’il voudra dessus… il est bon paysan.

Le maire de Roura est d’accord…»

Une réflexion sur “Attitudes face au retour

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